Énergie photovoltaïque
Présentation de la technologie
L’énergie solaire est utilisée essentiellement pour deux usages : la production d’électricité (énergie solaire Photovoltaïque) ou la production de chaleur (énergie solaire thermique). L’énergie solaire photovoltaïque transforme le rayonnement solaire en électricité grâce à des cellules photovoltaïques intégrées à des panneaux qui peuvent être installés sur des bâtiments ou posés sur le sol. L’électricité produite peut être utilisée sur place ou réinjectée dans le réseau de distribution électrique. L’énergie solaire thermique produit de la chaleur qui est utilisée en Guadeloupe pour la production d’eau chaude sanitaire.
L’énergie solaire photovoltaïque en Guadeloupe
Avec environ 1 400 heures d’ensoleillement annuel, la Guadeloupe dispose d’un atout majeur pour la production solaire. Les installations photovoltaïques connectées au réseau sont disséminées sur l’ensemble de l’archipel, mais de façon hétérogène. En effet, 61 % de la puissance installée est concentrée sur 4 communes de l’île : Baie-Mahault, Saint-François, Petit-Canal et Le Moule.
En 2025, ces installations ont fourni au réseau 133 GWh, soit une hausse de 19 % par rapport à 2024 (112 GWh). Cette forte progression s’explique à la fois par l’agrandissement du parc photovoltaïque — avec 20 MWc supplémentaires installés en 2025, dont la centrale solaire de Beaugendre à Vieux-Habitants inaugurée en août 2025 — et par des conditions météorologiques favorables. Au 31 décembre 2025, la puissance photovoltaïque raccordée au réseau atteint 119,7 MWc, soit une augmentation de 20 % par rapport aux 99,8 MWc raccordés fin 2024.
Le photovoltaïque représente désormais 8 % de la production électrique totale de la Guadeloupe (contre 7 % en 2024), ce qui en fait la 2ᵉ source d’énergie renouvelable du territoire en 2025, derrière la biomasse (13 %) et devant la géothermie (6 %) et l’éolien (5 %).
À noter que ces chiffres concernent uniquement l’électricité solaire réinjectée sur le réseau électrique public : ils n’incluent pas l’énergie autoconsommée directement sur place par les particuliers ou les entreprises, dont le développement s’accélère (ombrières de parkings, bâtiments publics, essor de la mobilité électrique).
Cette source d’énergie électrique est dite fatale ou « intermittente » : sa production est variable et dépend des conditions atmosphériques. En 2025, EDF a acquis un compensateur synchrone à Jarry (Baie-Mahault), un équipement qui stabilise le réseau sans produire d’électricité et qui favorise l’insertion des énergies renouvelables intermittentes comme le photovoltaïque et l’éolien.
Innovation en Guadeloupe avec le Cryosolar :
En Janvier 2021, l’entreprise Valorem a mis en service son premier « Cryosolar », une chambre froide solaire autonome, mise à disposition des pêcheurs de l’île de La Désirade. Cet équipement innovant est basé sur l’utilisation d’un stockage froid, alimenté par un générateur photovoltaïque. L’énergie solaire alimente la production de froid la journée, et le stockage froid prend le relais durant la nuit. L’ensemble assure une température stable dans la chambre froide 24 h/24, pouvant aller de -15°C à +15°C en fonction de l’usage souhaité.
Cadre réglementaire au solaire photovoltaïque
Dispositif de soutien au solaire photovoltaïque :
- pour des installations inférieures ou égales à 500 KWc, la Guadeloupe bénéficie d’un arrêté tarifaire spécifique (arrêté du 5 janvier 2024) qui est réévalué de façon trimestrielle.
- pour les installations supérieures à 500 KWc, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) lance des appels d’offres pour la sélection de projets.
Procédure d’autorisation d’un parc photovoltaïque :
- au titre du code l’énergie :
autorisation d’exploiter uniquement pour les installations de plus de 50 MW ;
raccordement vis à vis du gestionnaire de réseau ;
Par ailleurs, toute installation de puissance supérieure à 250 kWc doit fournir un certificat vierge de remarques délivré par un organisme agréé.
- au titre du code de l’environnement :
Suivant sa taille et sa localisation, une installation photovoltaïque est soumise à plusieurs démarches au titre de l’environnement :
Étude d’impact environnemental : les installations au sol de puissance supérieure à 1 MWc sont soumises à étude d’impact environnemental et au cas par cas, les installations sur serres et ombrières d’une puissance égale ou supérieure à 300 kWc ;
Enquête publique : les installations au sol de puissance supérieure à 1 MWc sont soumises à enquête publique dans le cadre de la procédure du permis de construire.
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- au titre du code de l’urbanisme :
Suivant sa puissance et son type, une installation photovoltaïque peut être soumise à déclaration préalable ou à permis de construire.
- au titre du code forestier :
le projet peut-être soumis ou non à une autorisation de défrichement.
Cadre réglementaire applicable au solaire thermique dans les DOM
Depuis le 1er janvier 2016, dans les départements de la Guadeloupe, de la Martinique, et de la Réunion, ainsi que dans certaines zones de Guyane (définies par l’arrêté du 11 janvier 2016) et à Mayotte, lorsqu’un système de production d’eau chaude sanitaire est installé dans un logement neuf, 50 % des besoins en eau chaude sanitaire de chaque logement, et non pas de chaque bâtiment, doivent être à minima couverts par un système de production ayant recours à l’énergie solaire, sauf si l’ensoleillement de la parcelle ne le permet pas. Ces dispositions sont définies dans l’article R.162-2 du code de la construction et de l’habitation.
L’énergie solaire thermique en Guadeloupe
En 2025, on estime à 124 627 le nombre de chauffe-eau solaires (CES) en fonctionnement en Guadeloupe, ce qui représente une économie de consommation d’environ 168 GWh, soit 10 % de la consommation brute d’électricité du territoire. Toutefois, le nombre de nouvelles installations de CES a connu une chute importante : seulement 764 unités installées en 2025, contre 2 024 en 2024 et plus de 14 000 en 2023, soit une baisse de 62 % en un an. Cette chute est la conséquence directe de la suppression de la défiscalisation appliquée au chauffe-eau solaire, décidée par la loi de finances 2024.
En contrepartie, le chauffe-eau thermodynamique (CET), introduit sur le territoire en 2022, connaît un essor significatif avec 1 705 unités installées en 2025 (exclusivement en résidentiel collectif), soit une hausse de 124 % par rapport à 2024. Le CET constitue une alternative pertinente pour les logements collectifs où l’installation d’un CES n’est pas possible.